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À la rencontre des mystérieux pouvoirs d’un guérisseur en Corrèze

Source : La Montagne.fr – décembre 2019

À bientôt 80 ans, Henri Audubert a passé plus de la moitié de sa vie à soulager la douleur. Brûlure, démangeaison, zona, verrue… Rien ne semble lui résister. Pourtant, Henri Audubert n’a rien d’un médecin. On pourrait l’appeler « guérisseur », « magnétiseur », « panseur de feu », même s’il ne cherche qu’à rendre service.

On l’appelle Henri. Juste Henri. Un homme au franc-parler parfois détonnant. « Brut de décoffrage », comme il aime à dire. Si avec son pull-over noir, ses yeux clairs et ses cheveux grisonnants, il aurait pu passer inaperçu, ses mains rugueuses, usées par les champs et la vie en ont décidé autrement.

Ici, dans son fief, à La Chapelle-aux-Saints, tout le monde connaît Henri Audubert. Il est agriculteur, mais surtout réputé pour soigner les petits et gros bobos. Un guérisseur de bientôt 80 ans, qui explique avoir rendu bien des services.

Zona, brûlure, feu, eczéma…

À cette vieille dame en maison de retraite qu’il estime avoir guérie d’un zona, par exemple. « Depuis le couloir, on entendait des gémissements à vous fendre le cœur. J’étais désemparé, je ne pouvais pas la toucher, elle se défendait bec et ongles. »

À « ces petits Gitans de Vayrac » qui le fuyaient comme la peste. À tous les autres, qui ont toqué à sa porte pour barrer le feu, faire disparaître l’eczéma ou enlever des verrues, « des kilos ?! », précise-t-il. 

Ceux-là, le Corrézien les reçoit sous sa véranda autour d’une grande table en bois, « ici, en famille ?! ». On vient, on essaie « et on voit si ça marche… Bon, ce n’est pas souvent que ça ne marche pas, hein ?! »

Ne lui parlez pas d’argent. Henri Audubert n’est pas du genre à attendre une rémunération. Devant une tarte aux prunes maison ou une bouteille de vin paillé, il serait presque embarrassé. « Soulager suffit à mon bonheur. »

Il appose ses mains, qu’il estime pourvues d’une sorte de fluide, sur la surface du corps à traiter. Il affirme qu’il parvient à éteindre la douleur. Pas de gri-gri, d’artifices en tout genre, de secret ou de prières… « Vous croyez que le bon Dieu n’a pas autre chose à faire ?? Il a réalisé plein de bonnes choses ce monsieur, mais il n’a rien à voir avec ça ». 

Le don ? « Du 50/50 »

Détenir le don « c’est du 50/50. Soit on l’a, soit on l’a pas. » D’où vient-il ?? « J’en sais rien… Quoi que ?! Je me souviens qu’on disait de ma grand-mère qu’elle portait le bon œil. »

En 1962, ou peut-être 1963, Henri Audubert vient de rentrer de l’armée. Il pose ses mains sur les épaules d’un type qui avait mal au dos. « Quelques jours plus tard, il est venu me voir pour me dire qu’il avait été comme “irradié” et qu’il n’avait plus mal ».

Il a passé plus de la moitié de sa vie à soulager

Une cinquantaine d’années s’est écoulée. Un demi-siècle à soulager quasi quotidiennement. Deux ou trois fois par jour, « ça dépend ».

Après toutes ces années, l’irrationnel l’étonne encore. « Des fois, c’est tellement énorme… Je me dis que non, ce n’est pas possible, je ne peux pas faire ça… Et puis, ça fonctionne ». 

S’il s’est depuis retiré des champs, Henri Audubert aimerait en faire de même avec ses consultations : « Je commence à me faire vieux. » Mais comment arrêter alors que les patients entrent chez lui comme dans un moulin. Henri Audubert serait incapable de refuser.

Tant qu’il détiendra son don, sa porte sera toujours ouverte. 

                                Qu’en pense l’ordre des médecins ?

En Corrèze, le conseil de l’ordre des médecins a déjà reçu plusieurs plaintes contre des guérisseurs, magnétiseurs ou rebouteux. « Nous ne cautionnons pas ce genre de pratiques, assure le président Marcel Lewin.

Par exemple, un guérisseur du département a dit à un patient atteint d’un cancer d’arrêter son traitement, en l’occurrence, sa chimiothérapie. Il est décédé six mois plus tard. C’est cela qui nous indigne. On ne peut pas substituer une thérapeutique qui a prouvé scientifiquement son efficacité à un traitement aléatoire. » 

Si Marcel Lewin reconnaît que l’état de certains patients peut s’améliorer après avoir consulté un guérisseur, notamment pour la douleur, le médecin l’explique scientifiquement « par l’effet placebo. » 

Sur le plan médical, le Conseil de l’ordre assimile ces pratiques à un exercice illégal de la médecine : « n’importe qui, exerçant une pratique de soins sur un patient, doit avoir un diplôme. Il faut alors trouver la preuve qu’un acte ou un conseil a été délivré par cette personne. Le patient qui est allé voir un guérisseur de son propre chef, peut se retourner contre lui. »

Condamnation. L’exercice illégal de la profession de médecin est puni de deux ans d’emprisonnement et de 30.000 euros d’amende. Ces condamnations interviennent souvent après la plainte d’un patient.

Des coupeurs de feu à l’hôpital

Au standard, à la morgue ou aux urgences, ils sont huit à couper le feu des patients, au centre hospitalier de Brive. Tous, font partie du personnel soignant ou administratif et collaborent avec les médecins. « Nous avons une liste à l’accueil de “panseurs de feu”.

La plupart du temps, ils sont appelés aux urgences ou en oncologie, explique un employé. Ils n’ont pas fait de formation pour cela. Soit c’est un don de naissance, soit on leur a transmis ?! On ne soigne pas, mais on soulage. Le médecin demande aux patients s’il est d’accord, et on nous appelle. »

 

Comments

  • neuberg

    si j’étais absolument certain que ce vieux monsieur pouvait supprimer les séquelles d’une hémiplégie du côté gauche ? Je n’hésiterais pas une seconde et je me rendrais chez lui à la vitesse de la lumière.

    • gnoma

      Nous ne sommes pas en mesure de répondre à votre commentaire. Les magnétiseurs ne prétendent pas faire de miracles mais peuvent apporter des soulagements durables et parfois définitifs sur un certain nombre de pathologies.

  • jagga

    Bonjour
    Ou consulter ce monsieur ?
    merci de me faire parvenir son adresse et numero de téléphone

    • gnoma

      Bonjour,
      Nous ne connaissons pas ce monsieur. Nous avons simplement relayé un article de presse le concernant.

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